Découvrir le Queyras

TRADITION & ARTISANAT du Queyras
Pendant des générations leurs aïeux ont exercé leur art. Artisans à leur tour ils ont appris des anciens les tours de main, les secrets du métier.
Ils disposent parfois d'un outillage moderne, machines à bois chez le menuisier, tour électrique chez le potier, mais bien souvent ils utilisent les mêmes outils que leurs ancêtres, couteau pour le sculpteur sur bois, tambour pour la dentellière, ses propres mains pour le potier.
La sculpture sur bois
Une pièce de pin cembro, un compas à pointes sèches, apparemment un peu, mais en fait beaucoup d'habileté, et le sculpteur sur bois fait naître mille rosaces qui comme les vraies roses sont toutes semblables mais toutes différentes.
Ces rosaces iront décorer les armoires, les buffets fabriqués par le menuisier qu'on peut voir exposés à la Maison de l'Artisanat à Ville-Vieille.
Certains artisans pratiquent la sculpture en relief, plus difficile certes, qui reproduisent parfois des motifs du XVIIe siècle et dont les résultats sont tellement spectaculaires.
INFO+ : Syndicat des artisans d'art en meubles et objets sculptés du Queyras
La dentelle sur tambour
On les admire sur les costumes des Queyrassines dans les grandes occasions, on peut les examiner de près à la Maison du costume à Abriès, mais comment réalise-t-on ces dentelles si fines, si remarquables.
Une dentellière d'Arvieux expose de nombreuses pièces l'été au fort de Château-Queyras. Elle enseigne aussi cet art aujourd'hui presque oublié, alors qu'il était si répandu dans les campagnes de France et tout particulièrement dans le Queyras.
La poterie
A bien y regarder son art tient de la magie, lui qui sait transformer en assiette ou en vase cette motte d'argile informe et la rendre dure et cassante comme de la pierre.
L'artisan potier maîtrise cette alchimie délicate qui fait intervenir la terre, l'eau et le feu, trois des quatre éléments fondamentaux.
Il choisit avec science la qualité de la terre, le dosage en eau, l'action du feu en fonction du résultat qu'il veut obtenir. Ainsi naissent les faïences, les porcelaines, les grès, les émaux...
A la poterie du Coin, à Arvieux, on peut voir un exemple de cet artisanat si particulier.
Les cadrans solaires
Qui vit it bene moritur. Vita fugit sicut umbra". "Qui vit bien mourra bien. La vie s'enfuit comme l'ombre."
La tradition des cadrans solaires remonte au XVIIème siècle.
Ces réalisations qui nécessitent une maîtrise de la technique de la peinture murale, des principes de la gnomonique (calcul de l'heure en fonction de l'orientation et de la latitude du lieu) ainsi qu'un sens artistique pour la décoration et l'ornement.
L'un des maître en matière de cadran solaire, Giovanni Francesco ZARBULA, venu du Piémont voisin, en peindra entre 1832 et 1865 plus d'une vingtaine, dont seulement une dizaine ont résisté au temps.
Ils sont aujourd'hui pour la plupart, restaurés ou en cours de restauration. La technique des cadraniers est celle de la peinture "a fresco".
Sur un enduit frais à base de chaux, le cadranier dessine directement en utilisant pour la couleur des pigments naturels.
Cette technique traditionnelle a été conservée jusqu'à aujourd'hui pour la restauration de ces oeuvres du patrimoine, et la création de nouveaux cadrans ... par les "maistres cadranyers" d'aujourd'hui.
Ici un cadran réalisé par Rémy Potey